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L'ordinateur, comme outil, permet-t-il le développement cognitif et social chez les élèves du préscolaire?

L’ordinateur est un mode d’interaction qui est introduit : les utilisateurs plus âgés s’y adaptent, tandis que les plus jeunes l’utilisent comme un mode d’interaction «naturel». Certes de nombreuses personnes utilisent sans problème ce média chaque jour et son utilisation, à des fins éducatives, n’est plus tout à fait une nouveauté. On ne se demande plus maintenant s’il est possible d’utiliser l’ordinateur avec les enfants d’âges préscolaires, car les recherches menées au cours des dernières années ont montré que les applications de l’informatique pouvaient être multiples avec cette clientèle. Les enfants, même très jeunes ou handicapés, sont capables d’utiliser l’ordinateur. Les questions portent maintenant plutôt sur les facteurs à prendre en compte dans l’utilisation de cet outil ou sur les effets de l’utilisation de l’ordinateur par cette jeune clientèle. On s’intéressera donc, dans notre essai, aux effets bénéfiques ainsi qu’aux points faibles de l’utilisation de l’ordinateur, au préscolaire, sur le développement social de l’enfant ainsi que sur son développement cognitif et métacognitif. Il en suivra ces grandes lignes, nos points de vue ainsi que nos analyses critiques concernant ces deux idées.

Premièrement, dans les études récemment présentées, les résultats concernant les effets de l’utilisation de l’ordinateur sur le développement social ont de quoi rassurer. Selon Kaden (1990), l’utilisation de l’ordinateur encourage la coopération, le partage, l’entraide et la planification en commun. En fait, celui-ci veut dire que cette technologie permet aux élèves de travailler en équipe et d’être capables d’interagir de façon harmonieuse avec les autres, ce qui rejoint la compétence 3 du Programme de formation de l’école québécoise. Il croit aussi que le travail à l’ordinateur augmente la confiance en soi des enfants. Selon nous, il n’a pas tout à fait tort. L’ordinateur peut permettre aux élèves de travailler à deux ou à trois, un certain travail ou bien de jouer à un jeu. Ils peuvent aussi se mettre en équipe pour mener un projet à terme. L’ordinateur peut venir accroître la confiance des enfants, car ceux-ci se sentent à l’aise de travailler avec cette technologie et ils peuvent élaborer de beaux projets selon leurs intérêts. M. kaden, dit aussi que l’utilisation de l’ordinateur subit l’effet de nouveauté. Une fois que celui-ci devient une activité parmi tant d’autres, souvent choisie par les enfants, mais non au détriment d’autres activités, les enfants en ressentent un peu moins l’intérêt. Ce que veut dire M.Kaden, c’est qu’une fois que l’ordinateur est découvert par tous et toutes dans le cadre d’ateliers en classe, celui-ci perd un peu sa popularité donc, il est important de varier les logiciels afin de garder l’intérêt des élèves. Pour notre part, nous trouvons que cet auteur a un peu raison, mais pas tout à fait. Selon nos expériences dans les classes primaires, les élèves sont toujours attirés par l’atelier d’ordinateurs. Et ce, surement dû à ses différents jeux et interactions qui viennent intéresser les jeunes.

Selon Clements (1998), les enfants préfèrent travailler à l’ordinateur avec un ami plutôt que seuls. Il y a plus d’aide et d’enseignement spontanés fournis par les pairs. En effet, nous croyons que celui-ci a un peu raison, mais il faut en voir les deux côtés. Il est vrai qu’il est plus facile pour des jeunes élèves de se sortir de problématiques quelconques avec l’aide d’un ami. C’est pourquoi le fait de travailler en dyade permet aux élèves de ‘s’entraider les uns et les autres et de se faire découvrir de nouvelles choses. Un élève peut apprendre de l’autre et vice versa. Voilà pourquoi le fait de travailler à deux est bénéfique afin de créer des relations sociales, mais aussi de pouvoir s’apporter de l’aide. Par ailleurs, le fait de travailler avec un ami peut aussi causer l’effet d’excitation et de débordement du cadre de l’atelier. M. Clement croit aussi que le choix des logiciels influe grandement sur les relations sociales : un logiciel ouvert, permettant par exemple la construction de formes géographies, encourage la collaboration alors que les jeux vidéos au contenu agressif entraînent la compétition et l’agressivité. Nous avons expérimenté le logiciel éducatif ADIBOU lorsque nous étions au préscolaire et, en effet, la collaboration est de mise. Nous pouvions facilement jouer à deux ou à trois et cela se faisait très bien. On répondait chacun notre tour aux questions ou aux énigmes et on se passait la souris pour les exercices. Nous aidions également nos pairs à réussir leur tour. De plus, l’environnement du logiciel est très important puisque les jeunes peuvent être influencés par celui-ci. Par exemple, dans ADIBOU, l’environnement représente le milieu de vie immédiat des enfants et ne démontre aucun côté plus sombre de la vie. Tandis que, dans un jeu de guerre; la violence, la méchanceté ainsi que le mal sont démontrés. Ce que nous voulons dire, c’est que les logiciels peuvent influencés le développement social des enfants puisque ceux-ci sont placés face une situation qu’ils croient adéquate. M. Clement dit que le milieu physique influe aussi sur les relations sociales; le fait de placer les ordinateurs près des autres favorise l’échange d’idées et la collaboration. Cela peut aussi apporter le partage des stratégies qui touche bien la compétence 5 : construire sa compréhension du monde (PFEQ 2001). Bref, l’utilisation de l’ordinateur dans une classe au préscolaire favorise le développement social des enfants par ses interactions avec les pairs, ses échanges d’idées, le partage de stratégies ainsi que l’effet de collaboration.

Deuxièmement, l’étude des effets de l’utilisation de l’ordinateur sur le développement cognitif et métacognitif de l’enfant comporte deux aspects : il s’agit, d’une part, d’examiner les apprentissages rendus possibles quel que soit le logiciel utilisé et, d’autre part, de préciser l’utilité de l’ordinateur comme outil. Selon la synthèse de Haugland (2000), les effets de l’ordinateur sur le développement de l’enfant réussiraient mieux sur les plans suivants : - dextérité manuelle; - habiletés verbales et non verbales; - résolution de problèmes; - abstraction; - habileté à conceptualiser; - habiletés de communication et de coopération. Les apprentissages des enfants se situent plus facilement dans les contextes ci-haut. En effet, lorsque l’enfant utilise l’ordinateur, il a besoin de ses mains pour taper, promener la souris, ce qui vient développer la dextérité manuelle. Les habiletés verbales et non verbales sont également développées lorsque l’élève communique à l’aide de l’ordinateur ou bien lorsqu’il discute avec ses pairs. La communication et la coopération en font également partie puisque l’utilisateur de l’outil discute avec ses coéquipiers, avec les personnes qui se trouvent sur le même réseau de jeu, etc. Il y a aussi la résolution de problèmes qui est touchée par rapport à des logiciels prévus à cet effet. L’enfant peut développer l’abstraction, lorsqu’il utilise l’ordinateur, puisqu’il se concentre sur ce qu’il produit ou sur ce qu’il joue. La conceptualisation est également travaillée sur l’ordinateur puisque l’élève est emmené à construire, produire…afin de faire une réalisation ou bien de mener à terme un projet. Ce sont là des éléments touchant l’aspect cognitif et métacognitif qui peuvent se développer grâce à la bonne utilisation de l’ordinateur. D’autres recherches montrent que les enfants ayant utilisé l’ordinateur présentent des gains en ce qui concerne l’estime de soi, le sentiment de compétence et l’attitude face à l’apprentissage. (Carlson et White, 1998) Effectivement, le fait de se sentir performant dans l’utilisation de l’outil permet aux élèves de se sentir en confiance. L’élève peut se sentir plus à l’aise d’apprendre à l’aide de l’ordinateur. Cela peut également favoriser le goût à l’apprentissage. L’ordinateur comme outil permet aux élèves de favoriser leur apprentissage. Comme dans le cas de la lecture, l’ordinateur se révèle utilise dans les situations enseignement-apprentissage. On peut utiliser l’ordinateur comme outil en favorisant l’intégration de logiciel Logo, ayant des commandes telles qu’AVANCE, RECULE, DROITE et GAUCHE, qui permet de visualiser différents concepts. Cet outil permet aussi la rédaction de textes ou la création de graphismes. Cela permet, selon nous, de faire développer aux enfants les concepts de langage écrit ainsi que les notions liées à la langue. Quant aux connaissances se rapportant au développement cognitif, l’élève peut à l’aide de l’ordinateur, exploité les arts en utilisant un logiciel de dessin, par exemple. Au niveau des mathématiques, plusieurs programmes ou logiciels sont offerts afin de favoriser l’apprentissage des jeux de nombres, le dénombrement, les associations, les formes géométriques, la comparaison, le regroupement, la classification…Au point de vue de la science et de la technologie, des jeux sur l’ordinateur permettant de faire des expériences peuvent être disponibles sans oublier que l’utilisation de l’ordinateur est elle-même une activité reliée à la science et la technologie. Les concepts de temps, d’espace et de quantité peuvent être exploités à l’aide de différents jeux éducatifs informatisés.

En conclusion, l’ordinateur peut favoriser les apprentissages des enfants d’âge préscolaire, car il permet de développer l’aspect social, l’aspect cognitif et métacognitif. En regardant les compétences du PFEQ au préscolaire, nous sommes en mesure de voir que celles-ci sont toutes exploitées les unes comme les autres par l’utilisation de l’ordinateur. Le développement social est favorisé par cet outil grâce à la collaboration, l’échange d’idées, l’entraide ainsi que l’élaboration de stratégies communes. L’ordinateur favorise aussi la confiance en soi et il peut venir développer d’autres habiletés chez le jeune. Le développement cognitif et métacognitif est très bien favorisé par l’ordinateur puisqu’il vient toucher les différentes connaissances visées par le Programme de formation de l’école québécoise. Les enfants peuvent très bien développer des habiletés cognitives en travaillant ou en jouant sur des logiciels éducatifs. D’ailleurs, nous croyons que l’utilisation de cette technologie est un gros avantage pour les enseignants afin de faire découvrir d’autres méthodes d’apprentissage aux enfants. Nous croyons que la place de l’ordinateur en classe maternelle pourrait être très favorisante pour ces petits. De plus, l’utilisation de l’ordinateur peut être davantage exploitée, car l’apprentissage peut se continuer à la maison. Finalement, nous sommes conscientes que l’ordinateur ne remplacera jamais les activités d’exercices ainsi que les activités nécessitant du matériel qui est nécessaire au bon développement de l’enfant, mais nous sommes convaincus que c’est un outil indispensable à la nouvelle réalité d’aujourd’hui. Cela permet de se développer sur le plan cognitif, métacognitif et social. Il en reste que c’est par la prise de conscience des différents médias que passe une meilleure utilisation de ceux-ci.

Par Jany Desjardins, Cloé Larouche et Élisabeth Dufour.

CLEMENTS,D. (1998). Young children and technology. Communication présentée au Forum and early childhood science, mathematics, and technology education, Washington,D.C. ERIC Document Reproduction Service No.ED 416991.

HAUGLAND, S.W. (2000). Computers and young children. Washington, DC, Office of educational research and improvement. ERIC Document Reproduction Service No. ED 438 926

BRUNER, J. L’éducation, entrée dans la culture. Paris, Éditions Retz.

ROYER, N. (2004). Le monde du préscolaire, gaëtan morin éditeur, 276 pages.

etudiant13

Auteur: etudiant13

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Commentaires (3)

Service national du RÉCIT à l'éducation préscolaire Service national du RÉCIT à l'éducation préscolaire ·  10 décembre 2010, 1:58:24 PM

Les conseillères pédagogiques du Service national du RÉCIT ont ajouté votre article sur leur site.
http://recitpresco.qc.ca/

pgiroux pgiroux ·  22 décembre 2010, 12:11:07 PM

Bravo! Votre essai a attiré l'attention des gens du RECIT à l'éducation préscolaire.

Dans leur billet (http://recitpresco.qc.ca/articles/l...), elles jugent votre essai intéressant malgré des sources un peu âgées. C'est vrai qu'elles ne sont pas très récentes. Par contre, elles sont sérieuses et répondent assez bien aux critères de la crédibilité.

PAt :-)

Jany Jany ·  23 décembre 2010, 9:14:29 AM

Oui, je suis d'accord pour les sources mais ont n'aimait mieux avoir des sources sures que des sources non validées plus récentes. Nous sommes vraiment contente de l'empleur de notre essai! Merci!

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